Publié le 19 Mai 2013

Oui, c'est vert une grenouille, comme les paysages bien détrempés. Et si ce n'est pas le printemps le plus pourri que l'on ait pu connaître dans le siècle écoulé, ce n'est guère une consolation. Faut-il se demander si le "ciel" a ses préférences ? Est-il défavorable aux associations ? Plutôt favorable aux fêtes religieuses ? (*)

Hier samedi 18 mai, l'association des habitants du quartier des Halles et des usagers des Halles, d'Avignon avait battu le rappel de ses bénévoles pour la fête annuelle devant la Tour Saint Jean, seul vestige de la grande commanderie des Hospitaliers de Saint Jean. Et ils étaient au rendez-vous, avaient relooké la place pour en faire un jardin provisoire, avec l'aide des jardiniers de la Ville, un grand et beau travail : la place avait reverdi, fleuri. La pluie, diluvienne par moments, a vidé la place, et tous se sont retrouvés dans les Halles pour faire la fête aux salades. Un lapin adorable, dont j'ai oublié le nom, a choisi la meilleure salade (faute d'être la plus belle), c'est à dire l'une des miennes et je l'en remercie, j'ai donc reçu pour prix de ma patience à faire pousser des salades en pots, un très beau livre qui me sera très utile pour les illustrations de mes travaux de calligraphie, moi qui suis toujours à la recherche de modèles de fleurs.

(*) : le pourquoi de ma question : aujourd'hui dimanche, fête de la Pentecôte, le ciel est bleu et le soleil brille. Et si je dis le ciel, c'est parce que de l'existence du ciel, au moins nous pouvons être certains.

Dans les Halles toujours, et encore pour une semaine, une belle exposition à partir de la collection de cartes postales anciennes de Michel Grommelle, des documents des Archives Municipales grâce à Christian Le Biboux et enfin avec l'humour des dessins de Jepida.

Dans la tour, les Griffons avaient niché dans un cocon de paille grâce à la plasticienne Kseniya Kravtosova, et pondu d'énormes œufs cubiques.

D'autres détails sur mon blog de photos "Échappées de Lumière" ICI

La fête de la Tour Saint Jean 2013 - sous la pluie... L'explication des photos dans l'article

Publié le 16 Mai 2013

Dans ma série des "mots dits", mots à la mode ou au contraire sous-estimés, "modestie" appartient sans doute à la seconde catégorie.

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) en peint une allégorie en 1902, bien dans le goût de l'époque, c'était alors l'une des vertus premières qu'une femme devait arborer. in Wikipedia

A modestie, le "Robert" nous dit : « Modération, retenue dans l'appréciation de soi-même».

Alors, lorsque Aragon chante par la voix de Léo Ferré :

« Tout le monde n'est pas Cézanne, nous nous contenterons de peu »,

lorsque Marguerite Yourcenar cite Goethe dans « Les Yeux ouverts » : « Si j'avais su combien il y avait de grands livres dans le monde, je ne me serais pas mêlé d'écrire, j'aurais fait autre chose » . Et Marguerite Duras d'ajouter : « il aurait eu tort, car nous aurions beaucoup perdu... Elle ajoute aussi qu'il « savait au fond le peu qu'est la littérature, le peu qu'elle vaut » ; et à propos de son œuvre personnelle, « Et puis, vraiment, une œuvre littéraire de plus ou de moins, dans un monde qui regorge de chefs-d’œuvre... »

S'agit-il de vraie modestie, d' orgueil déguisé ?

L'important est qu'il reste de vraies personnalités au dessus du chaos de notre époque FORMIDABLE.

Publié le 8 Mai 2013

"Le Livre de Kells (Book of Kells en anglais ; Leabhar Cheanannais en irlandais), également connu sous le nom de Grand Évangéliaire de saint Colomban, est un manuscrit illustré de motifs ornementaux et réalisé par des moines de culture celtique vers l'an 820.

Le manuscrit fait aujourd'hui l'objet d'une exposition permanente à la bibliothèque du Trinity College de Dublin, en Irlande, sous la référence MS 58." Wikipedia

C'est sans doute l'un des manuscrits les plus richement ornés, certains le qualifient même de "baroque", voire maniériste, il reste pour tous les calligraphes contemporains, chevronnés ou débutants comme moi, à la fois un modèle d'inspiration pour un travail d'application (application, c'est bien le mot qui convient), qu'une source inépuisable d'émerveillement.devant l'inventivité des hommes de Kells, tout autant que devant leur dextérité.

Travail d'appplication sur la minuscule insulaire

Publié le 4 Mai 2013

Il est ainsi des lectures qui marquent et marqueront longtemps, ce livre là en fait partie. On a beau savoir, avoir vu des reportages, encore la semaine dernière sur Arte, la Chine contemporaine reste mal connue, et ce n'est pas pour rien.

Ici nous plongeons au cœur de la zone 99, un camp de "novéducation" au temps du grand Bond en avant.

« La zone 99 se situait dans la plaine centrale, à une quarantaine de kilomètres au sud du fleuve Jaune, dont la séparait une vaste étendue de sables abandonnés par les eaux au fur et à mesure de leur incessants changements de lit...

Les autorités ont exigé que j'écrive un mémorandum intitulé Des ciminels, soit que je note dans leur intégralité les propos et comportements des détenus de la zone 99, qu'elles ne peuvent, elles, ni entendre ni voir. C'est la condition pour que je puisse très vite devenir un homme nouveau et rentrer chez moi. »

Celui qui écrit est un écrivain célèbre « j'avais un demi-siècle d'âge, et en sus de cinq romans-fleuves, d'une vingtaine de romans courts et d'une bonne centaine de nouvelles, j'avais encore à mon actif plusieurs recueils d'essais. » Chargé par les « autorités » de désigner des personnalités réactionnaires devant être « novéduquées », il est désigné par le groupe qu'il a lui-même réuni pour ce travail. Il devient l'écrivain, comme les autres ne seront plus que l'Érudit, le Religieux, Musique...

Et on ne perd pas seulement son identité dans la zone 99 lorsqu'on a été un intellectuel, on y perd sa dignité, et enfin la vie, lors de la grande famine.

Les "quatre livres" sont : celui de "l'Enfant du ciel", qui réécrit la Genèse, "le Vieux Lit", les mémoire de l'écrivain qui guidera les rares survivants hors du camp, "Des criminels" écriture de dénonciation forcée, à laquelle les autorités l'obligent ; et enfin le récit inachevé de l’Érudit ; les quatre livres donc, se lisent d'une traite. La langue qui reste poétique, malgré ou grâce à la traduction de Sylvie Gentil, nous entraîne et nous porte jusqu'au bout.

Publié le 21 Avril 2013

L'association ARTS UP est engagée aux côtés de la plasticienne Carole Challeau, auprès des malades d'Alzeimer de l'hôpital d'Avignon. Aller à la recherche de ses souvenirs, réapprendre une forme d'expression, s'inventer des voyages immobiles et vaincre l'enfermement, c'est ce que ces ateliers d'expression artistique tentent d'apporter à ces malades enfermés par leur maladie. Un espace de poésie, un souffle d'air !

Cette association soutient les artistes contemporains et veut mettre en lien l’économique et l’artistique. Lire et voir le film consacré à cette action http://www.arts-up-sud.com

Les créations des malades de l'Hôpital, exposées à l'Espace Vaucluse d'Avignon

Publié le 18 Avril 2013

Les abeilles sont bien présentes en ville, le preuve, celle-ci butine les fleurs de ma terrasse. Et même elles fourniraient plus de miel, car les villes sont fleuries toute l'année. Alors, la présence de cette ruche dans les jardins éphémères du 30 mars n'est pas une utopie, même si celle-ci est restée vide, il est possible d'installer des ruchers en ville, à condition de trouver des lieux pour les accueillir.

 

 

 

Le 30 mars 2013 la Ville d'Avignon avait installé des jardins éphémères dans la ville, et parmi eux, une ruche.

Publié le 28 Février 2013

 A côté d'une tradition de la céramique décorée qui se maintient un peu, l'industrie de la brique réfractaire développée depuis le XIXe siècle connait un nouvel essor avec des briques supportant des températures extrèmes.

Un patrimoine industriel qui marque le paysage, à Bollène plusieurs quartiers en portent encore la marque, notamment celui qui longe la route qui mène à Suze-la Rousse et Rochegude.

 

Voir article sur mon autre blog : échappées de lumière ICI

 

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Une briqueterie de Bollène, photographiée depuis le TER Avignon/Valence.

Publié le 25 Février 2013

C'est le thème d'une des nouvelles du recueil

"Dialogue avec un vieil arbre géant" de Yi Ch'öngjun,

traduit du coréen sous la direction de Kim Jung-Sook avec Patrick Maurus – Actes Sud 2011.

 

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Le titre de cette nouvelle est « Les Portes du Temps »

Exposition d’œuvres photographiques posthumes de Yu Chongyöl »

 Un photographe veut "photographier le futur" - abolir l'espace entre le sujet et l'appareil photographique.

Mais, « En un mot, à travers son travail de photographe, Yu réactualisait le passé, et avec lui emplissait son présent. Ou bien, il vivait son présent à travers le passé de ses photos. Autrement dit, dans son présent, il n'y avait pas de lieu où il se trouvait. Son présent était une suite de reproductions du passé. » 

 

Le photographe après avoir choisi la seule nature pour saisir « l'ombre du temps infini »,cherche à représenter le temps humain, « il était impossible que ces temps des rochers et des arbres ouvrent à Yu la porte du temps. ». 

Il va alors choisir de photographier le visage de ces exilés jetés dans les barques sur la mer de Chine.

« Je photographie des gens, mais c'est pareil. Les gens sur mes photos sont toujours de l'autre côté, et moi je suis de ce côté-ci.  Je veux dire que l'espace ne n'efface pas."

 

Lors de son ultime voyage « Yu a-t-il enfin réussi à démolir le mur de l'espace ? Et a-t-il réussi à photographier, non pas le temps mort et fossilisé, mais le temps vivant et mouvant … ? Franchir le mur de l'espace ?»

Si ce n'est en entrant dans l'image ?

 

Chacune des nouvelles parle des questions essentielles que se posent tous les créateurs.

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Publié le 5 Février 2013

Hasard ? L'un des textes, plus ou moins courts, qui émaillent le récit des périginations d'Olga Tokarczuk, un récit à la manière des "Mille et une Nuits", fait parler le jeune sultan d'un petit État désertique -"une poignée d'oasis disséminées dans un désert de pierre – et, pour toute richesse naturelle, il n'y a que quelques mines de sel à ciel ouvert. Pas d'accès à la mer, et partant aucun port ni golfe ni cap stratégique. Les femmes de ce petit pays cultivent le sésame, la coronille et le safran, pendant que les hommes guident les caravanes de marchands et de voyageurs qui traversent le désert en direction du sud." Le texte se poursuit par l'évocation de la venue des croisés - voir ci-dessous-

 

Hasard ? La visite de l'exposition actuelle de la Collection Lambert, et ce récit repris par des marionnettes italiennes :

 

 

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Capture d'écran – vidéo de Waël Shawsky –

la première croisade illustrée par des marionnettes italiennes.

 

« En 1983, Amin Maalouf, récemment élu à l'Académie française, avait publié l'incroyable saga des Croisades vues par les arabes. Un quart de siècle plus tard, le jeune Égyptien Waël Shawsky met en scène ce récit quasi millénaire où chaque figurant, qu'il soit pape ou croisé, sultan ou Arabe combattant, n'est qu'une marionnette tiré par des fils ».

Extrait du dossier de présentation de l'exposition «Mirages d'Orient – Chassé-croisé en Méditerranée » Éric Mézil. Collection Lambert - Avignon

 

Extrait du texte d'Olga Tokarczuk :

"…Il faut agir vite, sans état d'âme, car une armée immense arrive de l'ouest par la voie terrestre, et aussi par la mer. Une marée humaine, à ce qu'il paraît. Ces hommes auraient déclaré la guerre sainte au monde entier et ils auraient l'intention de s'emparer aussi de leur petit pays – voilà ce qui se chuchote dans l'enceinte du palais. Ils tiendraient avant tout à prendre possession de Jérusalem où se trouve la dépouille de leur prophète. Il n'y a rien à faire – ils sont insatiables et prêts à tout. Ils pillent et incendient nos maisons, violent nos femmes, profanent nos mosquées. Ces impies versatiles et cupides foulent aux pieds les accords et les pactes. Non, assurément, ce n'est pas ce fameux sépulcre qui les intéresse. Si c'était le cas, nous pourrions leur en donner à profusion, ce ne sont pas les sépultures qui manquent ici. Qu'ils prennent nos cimetières, s'ils en ont envie ! Il est clair que ce n'est qu'un prétexte : ils ont soif de tout ce qui vit, et non de qui est mort. À ce que l'on raconte, ces hommes aux visages brûlés par le soleil et décapés par le sel marin, qui les recouvre d'une fine couche argentée, accostent à nos rivages après une longue pérégrination en mer. Et, poussant des clameurs dans une langue étrange aux sonorités rauques et gutturales, ils fondent sur nos villes, fracturent les portes de nos demeures, brisent nos jarres d'huile, pillent nos garde-manger et – pouah ! - vont jusqu'à poser leurs sales pattes sur les pantalons bouffants de nos femmes. Ces barbares ne savent même pas parler comme les autres hommes, pas plus qu'ils ne savent lire notre écriture. Ils sont incapables de répondre à nos salutations et vous regardent bêtement avec leurs yeux touts clairs, comme délavés. Certains soutiennent qu'ils viennent d'une tribu née au fond de la mer ; ils auraient été bercés par les vagues et élevés par des poissons argentés, ce qui explique leur ressemblance avec ces bouts de bois que la mer dépose sur la grève et la couleur de leur peau, semblable à celle d'un os longtemps poli par la mer. Pour d'autres, en revanche, tout cela n'est pas vrai, car comment expliquer alors que leur monarque, cet homme à la barbe rousse, eût péri noyé dans la rivière Sélef ?"

 

 

Les Pérégrins – Olga Tokarczuk

Traduit du polonais par Grazyna Erhard

ED Noir sur Blanc 2010

 

Hasard ? Peut-être, simplement, écoute-t-on ce que les autres ont à nous dire.

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Publié le 20 Décembre 2012

 

 

 

 

Bonjour, c'est Poudre !

Vous me reconnaissez ? Cela fait à présent un bout de temps que je n'ai pas pris le temps de vous écrire. Mais vous le constatez je suis occupée. Quand on est comme moi un petit chat d'appartement, il n'y a pas beaucoup d'autres occupations et j'aime bien me tenir informée. Entre deux siestes, un peu de jeu avec ma balle - enfin l'une de mes balles, je les perds souvent - je regarde la télé, l'ordinateur, je vous l'ai déjà dit, elle ne me laisse plus trop l'utiliser, d'ailleurs elle-même (ma deux pattes) ne s'en sers plus aussi souvent.

 

Mais vous savez quoi, en fait je crois que je vais plus souvent jouer avec ma balle, car je viens de voir un reportage sur l'obésité chez les enfants qui regardent trop les écrans et ne font pas assez d'exercice. Et je ne veux pas réduire ma ration de petites bouchées en gelée. Vous ne connaissez pas, je vous le conseille, mais je ne peux pas citer la marque.

 

Allez, arrêtez de lire et sortez vous promener, j'aimerais bien pouvoir le faire.

Ronrons de Poudre.

 

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